A peine le souvenir de Lioraëlys s’était-il dissous dans la clairière que déjà un autre souffle s’élevait d’Eldan.
Plus grave, plus ancien. On le connaissait sous un nom oublié : Sylmeria, la fée qui réveille l’automne d’un battement d’ailes. On dit qu’elle n’a pas besoin de mots. Ses ailes parlent pour elle : quand elles se déploient, la saison change, la lumière bascule, et la forêt se fait cathédrale.
Le voile qui marche entre les mondes
Chaque année, au premier tourbillon de feuilles, Sylmeria traverse le monde comme une pluie fine.
Son passage n’effraie ni la mousse ni les bêtes : il apaise. Les branches se penchent, les sources s’éclairent.
Eldan se tait lorsqu’elle passe, comme si notre monde retenait son souffle.
À Brocéliande, l’écho glisse d’un miroir à l’autre et les ailes de Sylmeria se teintent de nuances qui disent la météo secrète des âmes.
Les cinq souffles de Sylmeria
Tempête
L’aile se charge d’un bleu d’orage, presque métallisé, parcouru de nervures sombres.
C’est le souffle qui bouscule les vieux voiles, qui dénoue ce qui doit l’être. Il ne détruit pas : il réordonne. Quand Tempête passe, les idées s’éclaircissent comme un ciel lavé par la pluie, et l’on se surprend à respirer plus grand, plus juste.
Feu follet
Viennent alors des éclats cuivre et turquoise, une braise qui joue avec la nuit.
Feu follet rit dans les sous-bois, glisse sur les ruisseaux et sème ses étincelles aux carrefours. C’est le souffle des détours heureux, des intuitions qui dansent. On suit sa trace comme on suit une musique qu’on a presque oubliée.
Danse des lucioles
La couleur se fait vert nocturne piqueté d’or, comme un chœur de petites lanternes suspendues.
Danse des lucioles est un baume. Il murmure que la douceur n’est pas un renoncement, mais une façon d’habiter la nuit. Sous ce vent, on écoute, on ralentit, on comprend. L’automne n’est pas une fin : c’est un rythme.
Équinoxe
Le battement se fige au centre de la balance : ambre profond, brun mordoré, l’instant où le jour et l’ombre se regardent sans l’emporter.
Équinoxe est la frontière, la ligne claire du juste milieu. Ni départ ni retour – présence. Sylmeria s’y tient droite, les ailes ouvertes, comme une passerelle entre Eldan et notre monde.
Floraison d’automne
Enfin, l’aile s’illumine d’un jardin tardif : verts mousse, éclats rosés, rouge feuille, or résine.
Floraison d’automne raconte ces fleurs obstinées qui refusent de céder à la gelée. C’est le souffle tendre des secondes chances, des promesses qui prennent racine alors que tout semble s’endormir.
Le battement qui traverse Brocéliande
Cette année, son sillage a touché nos chemins. Les troncs ont brillé d’une poussière fine, des châtaignes ont tinté comme des clochettes.
Ceux qui veillaient tard ont aperçu, au détour d’un sentier, deux ailes qui changeaient de teinte au rythme du vent – tantôt orage, tantôt braise, tantôt luciole. Puis tout s’est tu, comme après une parole importante.
On a retrouvé, au pied d’un chêne, un frisson de lumière accroché à l’écorce.
Pas un cri, pas une injonction ; seulement l’invitation à accueillir l’automne.
C’est ainsi que Sylmeria aime enseigner : par signes, par nuances, par équilibres.
Là où Lioraëlys avait soufflé l’urgence de vivre, Sylmeria offre l’art de tenir dans le vent.
Une collection comme un passage
Ces ailes changeantes ne sont pas un divertissement : ce sont des mots de saison.
Elles racontent à chacune et chacun une histoire différente — celle qu’on est prêt à entendre.
Certains y verront l’audace de Tempête, d’autres la malice de Feu follet, la douceur de Danse des lucioles, la paix d’Équinoxe, ou la promesse de Floraison d’automne.
La collection porte un nom simple, presque secret : bijoux d’automne Sylmeria.
On n’y cherche pas l’apparat, mais la justesse d’un souffle.
Et si l’on veut poursuivre le voyage parmi les œuvres rares de cet univers, la voie royale reste la route des bijoux d’exception, là où les collections prestige prennent place, et l’on peut remonter l’arc des légendes en visitant la grande clairière des bijoux féeriques pour croiser d’autres ailes et d’autres noms.
Un jour prochain, quand les brumes se feront plus épaisses, Sylmeria reviendra.
On la reconnaîtra sans peine : ce sera la première feuille qui hésite, le vent qui s’arrête juste avant de souffler, le ciel qui retient sa pluie pour nous laisser lever les yeux.
Alors seulement, on saura que l’automne a reçu son vrai nom.








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